Chirurgie Reparatrice Apres Brulures


QUELS SONT LES BRULURES LES PLUS FREQUENTES ?
Les brûlures engendrées par la chaleur (brûlures thermiques) sont les plus fréquentes, de l'ordre de 70%. Chez l'adulte, il s'agit majoritairement de brûlures par flamme et chez l'enfant d'accidents domestiques par liquides bouillants. Loin derrière arrivent les brûlures chimiques, électriques et les brûlures causées par les U.V.

QU'EST CE QU'UNE BRULURE ?
La brûlure détruit la peau et crée une perte de substance cutanée. Cette rupture de la " barrière " cutanée doit être réparée aussi rapidement que possible car son rôle de protection contre l'infection et contre la perte de liquides corporels n'est alors plus assurée.

UNE BRULURE PEUT-ELLE CICATRISER SPONTANEMENT ?
Oui, Lorsque la blessure est superficielle, cette réparation peut être effectuée spontanément par l'organisme. Lorsque la brûlure est profonde, la cicatrisation spontanée est impossible. La réparation se fait alors par une intervention chirurgicale : la greffe de peau. On prélève de l'épiderme ailleurs sur le corps afin de couvrir la zone non cicatrisée.

QUELS SONT LES ELEMENTS DE GRAVITE D'UNE BRULURE ?
La gravité d'une brûlure est en fonction de différents paramètres :

* la surface de la brûlure.
* sa localisation.
* sa profondeur.
* l'âge de la personne brûlée.


Ces paramètres sont fondamentaux pour estimer la gravité d'une brûlure et ainsi orienter la thérapeutique.

Y A T-IL DES DEGRES DE PROFONDEURS DE BRULURES ?
Il existe trois degrés de profondeur. Pour une surface égale, une brûlure est d'autant plus grave qu'elle est profonde. Tant sur le plan général immédiat que sur le plan fonctionnel et esthétique plus tardif.

QU'EST CE QU'UNE BRULURE DU PREMIER DEGRE
La brûlure du premier degré correspond à une rougeur (érythème) douloureuse sans cloque (phlyctène), c'est le classique " coup de soleil ". La cicatrisation de la brûlure du premier degré se produit spontanément en quelques jours sans laisser de séquelles. Le traitement local le plus approprié pour la brûlure du premier degré demeure l'application de vaseline ou de Biafine.

QU'EST CE QU'UNE BRULURE DU DEUXIEME DEGRE ?
Dans une brûlure du deuxième degré, on retrouve le plus souvent des cloques (phlyctènes) dont l'intérieur est rouge et sensible, pour le deuxième degré superficiel, ou blanchâtre et modérément sensible dans le deuxième degré profond. Le diagnostic exact de profondeur de la brûlure du deuxième degré nécessite le suivi de son évolution afin de trancher entre brûlure du deuxième degré superficiel et brûlure du deuxième degré profond.

* La brûlure du deuxième degré superficiel cicatrise spontanément, sans séquelle, en deux semaines.
* La brûlure du deuxième degré profond peut mettre trois semaines voire plus et laisser alors des cicatrices définitives.

Dans ce dernier cas, il est nécessaire de procéder à une greffe de peau.

QU'UEST CE QU'UNE BRULURE DU TROISIEME DEGRE ?
La brûlure du troisième degré affecte la totalité de l'épaisseur de la peau (épiderme + derme). Il n'y a pas de cloque, mais une nécrose qui donne une peau blanche, voire marron ou noire (carbonisation), complètement insensible et indolore. Il importe que le patient brûlé soit vigilant car pour résumer " moins ça fait mal ", plus la lésion risque d'être profonde. La brûlure du troisième degré est incapable de cicatriser seule car toute l'épaisseur de la peau est concernée. Elle impose la greffe de peau.

COMMENT EVALUER RAPIDEMENT LA SURFACE CUTANEE BRULEE ?
On a pour référence la paume de la main qui équivaut à 1 % de la surface totale de la peau.

COMMENT EVALUER PLUS EN DETAIL LA SURFACE CUTANEE BRULEE ?
Pour les brûlures plus étendues, cette surface est appréciée selon la règle des " 9 de Wallace " 9% pour la tête, 9% pour chaque membre supérieur en totalité, 18% pour chaque membre inférieur en totalité, 18% pour la face antérieure du tronc, 18% pour la face postérieure du tronc, 1% pour les organes génitaux externes. Chez l'enfant, les surfaces se calculent différemment en raison de l'importance de la tête par rapport au reste du corps. Le pronostic vital peut être mis en jeu à partir de 15% de surface brûlée chez l'adulte, et 10% seulement chez l'enfant de moins de 2 ans. Le brûlé devra alors être hospitalisé d'urgence dans un centre spécialisé.

POURQUOI L'AGE DU PATIENT EST UN FACTEUR PRONOSTIC ?
Cet élément également permet d'émettre un pronostic. La règle du pr. Baux fait référence en la matière. Il faut ajouter l'âge du brûlé au pourcentage de surface brûlée. Si cette somme est inférieure à 50, les chances de survie sont de 100 %. Si cette somme est supérieure à 100, les chances de survie sont inférieures à 10%. Entre les deux, les chances décroissent progressivement.

POURQUOI LA LOCALISATION DES BRULURES EST UN FACTEUR PRONOSTIC ?
Les risques sont d'autant plus graves que la brûlure atteint une région importante fonctionnellement. Dans le cas de brûlures touchant les paupières, il faudra souvent agir vite pour protéger l'oeil (blépharorraphie). Dans le cas de brûlures aux mains, on interviendra rapidement afin d'éviter les raideurs articulaires. C'est également le cas des brûlures de la face avec atteinte respiratoire.

Les brûlures circulaires du troisième degré au niveau des membres et du thorax entraînent un effet garrot. Elles imposent en urgence des " incisions de décharge " . Ces incisions cutanées, réalisées dans l'axe du membre ou sur le thorax, permettent de restaurer le flux vasculaire.

QUEL EST LE PRINCIPE DE TRAITEMENT DES BRULURES RECENTES ?
La brûlure provoque une perte de substance cutanée. Cette rupture de la barrière doit être réparée car son rôle de protection contre l'infection et contre la perte de liquides corporels n'est plus assurée. Le traitement du grand brûlé repose sur une double thérapeutique, menée simultanément par la réanimation et le traitement chirurgical. Les soins de réanimation consistent globalement à lutter contre les pertes de liquide, la dénutrition et l'infection. La chirurgie vise à obtenir la cicatrisation de la zone brûlée. Elle repose sur l'excision greffe.

QU'EST CE QUE L'EXCISION GREFFE ?
L'excision consiste à ôter la peau brûlée. On procède ensuite à une greffe de peau " mince ", le but étant que l'épiderme couvre la zone atteinte afin d'assurer la cicatrisation. Cette peau " mince " est prélevée sur de la peau saine (site donneur) au moyen d'un appareil (dermatome) permettant de prélever une fine couche d'épiderme (20/100 mm). Le site donneur cicatrisera comme une brûlure superficielle en une dizaine de jours et pourra si nécessaire, être à nouveau prélevé. L'excision greffe s'applique aux brûlures qui ne cicatriseront pas spontanément (brûlures du troisième degré, dont la cicatrisation spontanée est toujours impossible) et à toutes les brûlures qui mettraient trop de temps à cicatriser. Elle s'adresse également aux brûlures situées au niveau des zones fonctionnelles (paupières, mains…) pour lesquelles il faut agir rapidement. Au-delà de 21 jours, l'absence de cicatrisation des lésions accroît le risque de complications tant sur le plan fonctionnel que sur le plan esthétique.

QU'EST CE QUE LA REGLE DES " 21 JOURS " ?
Si la cicatrisation spontanée ne paraît pas possible avant le 21ème jour, l'excision greffe doit être pratiquée. Cela signifie, non pas que l'on attend le 21ème jour pour agir mais que, si l'on estime que la brûlure risque de ne pas être cicatrisée à ce terme, on intervient sans tarder.

QUELLES SONT LES ZONES DONNEUSES POSSIBLE POUR UNE GREFFE ?
Dans la mesure du possible, le cuir chevelu doit être la zone donneuse à privilégier. Puisqu'on ne prend qu'une couche superficielle de l'épiderme, les cheveux repoussent normalement (les racines des cheveux étant situées dans le derme). De plus, cette zone donneuse cicatrise beaucoup plus rapidement que la cuisse, zone traditionnellement prélevée, et ne laisse aucune cicatrice.

QUELLES SONT LES MESURES PARTICULIERES EN FONCTION DES LOCALISATIONS ?
Certaines localisations nécessitent des mesures spécifiques. C'est le cas des brûlures circulaires du 3ème degré au niveau des membres et du thorax, qui imposent en urgence des incisions de décharge afin d'éviter l'effet garrot. Ces incisions cutanées réalisées dans l'axe du membre ou sur le thorax permettent de restaurer le flux vasculaire. Il faut également apporter une attention toute particulière à la brûlure de la face, qui fait craindre une atteinte respiratoire. L'atteinte des paupières pourra nécessiter un geste en urgence afin de protéger l'œil (blépharorraphie). Pour les brûlures des mains dont la profondeur est douteuse (brûlures dites intermédiaires), il faudra intervenir rapidement " excision-greffe précoce " pour une mobilisation rapide, et éviter ainsi les raideurs.

QUEL EST LE TRAITEMENT DES BRULURES SUPERFICIELLES LOCALISEES ?
Les brûlures superficielles localisées sont les plus fréquentes. De faible étendue, elles n'entraînent pas de risque vital et guérissent vite avec des moyens simples. Elles peuvent donc être traitées à l'aide de pansements gras (vaseline, tulle gras) par le médecin traitant. Si la guérison ne survient pas rapidement, il est prudent de consulter un spécialiste.

QUEL EST LE TRAITEMENT DES BRULURES SUPERFCIELLES LOCALISEES (SUPERFICIELLE ETENDUES) ?
Ce type d'accident survient par exemple après des expositions excessives au soleil ou aux U.V. Ces brûlures sont susceptibles d'entraîner des réactions générales (risque de choc initial). Il est donc nécessaire d'hospitaliser la personne brûlée et d'entreprendre une hydratation par perfusion. Toutefois, les brûlures demeurant superficielles, elles guérissent vite, sans complications secondaires (infections, dénutrition). L'hospitalisation est courte, la cicatrisation de bonne qualité, totale et rapide.

QUEL EST LE TRAITEMENT DES BRULURES SUPERFICIELLES LOCALISEES (PROFONDES LOCALISEES) ?
Leur faible étendue n'entraîne pas de conséquence sur le plan vital, mais le problème local peut être sérieux. Surtout lorsque la brûlure atteint une région importante du point de vue fonctionnel ou esthétique, comme les mains, les plis de flexion des membres ou encore le visage. Il est prudent, dans ces localisations, de ne pas méconnaître une atteinte profonde en la croyant superficielle. Il est impératif de demander l'avis d'un spécialiste. Mal traitées, ces brûlures cicatrisent lentement et de manière insatisfaisante. Une hospitalisation est souvent nécessaire, soit immédiatement pour une excision greffe, soit ultérieurement si l'on est pas parvenu à la cicatrisation par pansement et qu'une greffe s'avère indispensable. Il est préférable que celle-ci soit réalisée avant le 21ème jour.

QUELS EST LE TRAITEMENT DES BRULURES SUPERFICIELLES (PROFONDES ETENDUES) ?
Les brûlures profondes étendues, exposent le patient à toutes les complications générales (infection, dénutrition...) en mettant en jeu le pronostic vital. Il est indispensable d'hospitaliser ces brûlés dans des services spécialisés, afin de conduire simultanément la double thérapeutique, réanimation et traitement chirurgical.

QUE FAIRE EN URGENCE POUR UN CAS DE BRULURE ?
Il faut le plus rapidement possible, mettre la zone brûlée sous l'eau froide pendant 10 à 15 minutes (au besoin, appliquer des linges ou compresses imbibés d'eau froide). Ce soin de refroidissement immédiat est capital. Il freine la propagation de la chaleur en profondeur et diminue ainsi la gravité des lésions. Quelle que soit la profondeur de la brûlure, le pansement peut être fait à base de corps gras (vaseline ou tulle gras). Le renouvellement du pansement, effectué toutes les 48 heures, est l'occasion de réévaluer la brûlure. Si la brûlure est étendue, si des cloques (phlyctènes) apparaissent (brûlure du 2ème degré), si l'on a le moindre doute sur la profondeur et, à plus forte raison, si la zone brûlée est insensible, il faut consulter.

* Les phlyctènes devront être excisées pour limiter les risques d'infection.
* La douleur pourra être calmée par du Doliprane.
* La vaccination anti-tétanique devra être systématiquement vérifiée.

QUE FAIRE EN CAS DE BRULURE AVEC PHLYCTENES POUR LAQUELLE ON DOUTE SUR LA PROFONDEUR ?
En cas de brûlure étendue, de brûlure insensible, il est capital de consulter au plus vite.

QU'EST CE QU'IL NE FAUT PAS FAIRE ?

* Mouiller le pansement à cause d'un risque de macération.
* Appliquer des glaçons, susceptibles d'aggraver les lésions en provoquant une brûlure thermique.
* Appliquer des remèdes "maison" (yaourt, beurre, dentifrice...) qui peuvent provoquer des infections.
* Appliquer des produits colorés (mercurochrome, éosine) qui rendent difficile le diagnostic de la profondeur.

QUEL EST LE PRINCIPE DE PREVENTION DES SEQUELLES DE BRULURES ?
Débute dès le premier jour, notamment par la lutte contre les mauvaises positions (attelles), la kinésithérapie et les massages. Malgré ces précautions, les séquelles restent fréquentes, surtout lorsque la cicatrisation a tardé. Les brûlures profondes sont à l'origine de séquelles fonctionnelles (entravant la mobilité) et esthétiques.

QUELLES SONT LES DIFFERENTES SEQUELLES DE BRULURES ?
Dans leur grande majorité, les séquelles de brûlures sont liées à la cicatrice cutanée, siège d'une réaction inflammatoire et d'une fibrose. Plus rares sont les problèmes tendineux et articulaires. Ce sont les cicatrices hypertrophiques et les rétractions cutanées qui sont les séquelles cutanées les plus fréquentes et qui posent le plus de problèmes, tant sur le plan esthétique que fonctionnel.

QU'EST QUE LES RETRACTIONS CUTANEES ?
Les rétractions cutanées résultent d'une formation anormale de tissus fibreux dans la zone brûlée ce qui a pour effet de la rétracter. Elles se forment en particulier au niveau des zones de mobilité, à proximité des articulations (cou, épaules, genoux, doigts…) Ces rétractions (brides) peuvent limiter nombre de mouvements et entraîner des déformations. Au visage, les séquelles prennent des formes diverses. Les plus graves concernent les paupières, avec notamment l'impossibilité pour la paupière atteinte de recouvrir l'œil (ectropion). Les rétractions des lèvres, également fréquentes, diminuent quant à elles l'ouverture buccale (microstomie).

QU'EST CE QUE LES RETRACTIONS CUTANEES ? LES CICATRICES HYPERTROPHIQUES ?
Toutes les cicatrices évoluent vers une période inflammatoire, inévitable, qui disparaît normalement au bout d'une année. Mais il arrive que la cicatrice de brûlure suive un schéma différent. Les cicatrices sont alors anormalement rouges et boursouflées s'accompagnant de démangeaisons. Elles peuvent mettre un à deux ans pour atteindre le stade mature, on parle de cicatrices " hypertrophiques ". Celles-ci s'opposent en théorie aux cicatrices chéloïdes, pour lesquelles les phénomènes d'immaturité persistent indéfiniment. Schéma d'évolution de cicatrice (la cicatrice est inflammatoire et devient normale à un an, cas hypertrophique la cicatrice met 2 ans pour devenir normale, cicatrices chéloïdes les cicatrices ne deviennent jamais normales).

QU'EST CE QUE LES RETRACTIONS CUTANEE ? LA FRAGILITE CUTANEE ?
Les cicatrices de brûlures sont souvent le siège de plaies survenant au moindre traumatisme (contact, frottement).

QU'EST CE QUE LES RETRACTIONS CUTANEES ? L'HYPERSENSIBILITE ET LES DEMANGEAISONS ?
L'hypersensibilité est quasi-constante et gêne le brûlé au contact de la chaleur et du froid. Elle s'améliore avec le temps. Les démangeaisons sont quasi systématiques, surtout lorsque la cicatrice est hypertrophique. Elles peuvent être handicapantes au point de gêner le sommeil. Elles s'amenuisent avec le temps et dans certains cas, à l'aide d'un traitement médical (antihistaminique).

QU'EST CE QUE LES RETRACTION CUTANEES ? TROUBLES DE LA PIGMENTATION ?
Fréquents, ces troubles esthétiques peuvent se traduire par un défaut de pigmentation, surtout chez les personnes de peau noire. Chez les personnes de peau blanche, il s'agit plutôt de taches brunes ou violacées. Le traitement est à priori chirurgical.

UNE CICATRICE SUITE A UNE BRULURE PEUT-ELLE DEGENERER ?
L'apparition d'une ulcération chronique sur une cicatrice ancienne de brûlure, sans notion traumatique, doit faire rechercher la possibilité d'une cancérisation. Il est important de réaliser au moindre doute un examen anatomo-pathologique de la lésion suspecte.

QU'EST CE QUE LES RETRACTION CUTANEES, LES RETRACTIONS TENDINEUSES ET ARTICULAIRES ?
Une mauvaise immobilisation en position non fonctionnelle peut donner, en particulier chez l'adulte, des raideurs articulaires très invalidantes.

QUEL EST LE PINCIPE DE TRAITEMENT DES SEQUELLES DE BRULURES ?
La prise en charge des séquelles de brûlures doit répondre à deux impératifs thérapeutiques l'un fonctionnel et l'autre esthétique. Les moyens thérapeutiques pour y parvenir sont médicaux et chirurgicaux.

* Les traitements médicaux : sont destinés à éliminer les symptômes fonctionnels, à réduire l'hypertrophie cicatricielle, à accélérer la maturation cicatricielle.
Ils précèdent un éventuel acte chirurgical et le complètent également.
* Le traitement chirurgical : quant à lui, pourra être entrepris dès lors que les cicatrices seront considérées comme matures et stables dans le temps, soit environ 6 mois après la brûlure.

QUELS SONT LES TRAITEMENTS NON CHIRURGICAUX DES SEQUELLES DE BRULURES ?
* Prévention et traitement des cicatrices hypertrophiques :

Contre l'hypertrophie cicatricielle, on a recours à plusieurs traitements.
* Les vêtements compressifs

Ils peuvent être utilisés dès la cicatrisation des lésions initiales. Ils sont confectionnés sur mesure et portés en permanence, nuit et jour. Ils ne sont retirés que pour la toilette et les massages. Ils permettent, par une compression continue des zones cicatricielles, de diminuer le risque d'évolution vers le mode hypertrophique. La durée de la compression est variable. Elle dépend du temps nécessaire aux cicatrices pour devenir matures. En général, c'est un an. En ce qui concerne le visage, on utilise des masques transparents thermoformés qui permettent de contrôler l'efficacité de la compression.

* Les infiltrations de corticoïdes

Elles sont effectuées, en général après 12 à 18 mois, sur une cicatrice hypertrophique limitée qui n'arrive pas à maturité cicatricielle. Plusieurs infiltrations de corticoïdes (Kénacort°), chacune à un mois d'intervalle, peuvent être proposées.

* Les cures thermales

Les cures peuvent être prescrites dès la cicatrisation. Grâce aux douches filiformes et à la kinésithérapie, elles ont un effet favorable sur l'hypertrophie et la souplesse de la peau brûlée. Les cures spécifiques aux soins des brûlés (Saint-Gervais Les Bains et La Roche-Posay, Avène et Uriage pour les enfants) sont prises en charge par l'Assurance-maladie. Elles sont généralement d'une durée de 3 semaines et doivent idéalement être suivies 2 fois par an. En plus d'une amélioration physique, le brûlé bénéficie durant son séjour d'un environnement psychologique favorable, car il est en présence d'autres malades souffrant du même problème.

* Traitement non chirurgical des rétractions

Le traitement des rétractions cutanées doit être débuté dès le premier jour de la brûlure, lutte contre les mauvaises positions (attelles), massages et kinésithérapie. Les mobilisations actives et passives offertes par la kinésithérapie préservent la souplesse tissulaire et articulaire. Les massages par étirement, pression et élongation assouplissent les cicatrices, libèrent les adhérences fibreuses et rendent la peau plus souple et plus mobile. Dans le cas des brûlures avec raideurs au niveau des articulations, les cures thermales où sont associés pendant 3 semaines kinésithérapie, massages et douches filiformes procurent un bienfait certain.

* Traitement des démangeaisons

Elles s'estompent généralement avec le temps. Dans les cas de gêne importante, notamment lorsque le sommeil est perturbé, le chirurgien est amené à prescrire des antihistaminiques. Sur certaines cicatrices hypertrophiques localisées, des injections de corticoïdes peuvent réduire les démangeaisons. Dans les cas mineurs, des crèmes hydratantes ou de l'huile d'amande douce peuvent suffire.

* Tatouage ou maquillage

Ils présentent un certain intérêt dans le cas de cicatrices dyschromiques (problème de coloration), en particulier sur le visage. On évitera toute exposition solaire sur une cicatrice de brûlure pendant une année complète (quitte à se protéger par une casquette ou par de l'écran total), afin de ne pas majorer une dyschromie.

QUELS SONT LES TRAITEMENTS CHIRURGICAUX DES SEQUELLES DE BRULURE ?
La chirurgie des séquelles de brûlures, qu'elle soit à visée fonctionnelle ou esthétique, ne doit pas être entrepris avant un délai de 6 mois. En effet, à l'exception de certaines parties du corps (comme les paupières) pour lesquelles on doit intervenir rapidement afin de lutter contre les rétractions, il faut laisser passer une phase de maturation cicatricielle. Avant ce délai, les cicatrices sont naturellement inflammatoires et continuent d'évoluer. En opérant plus tôt, il est difficile de bien les travailler et ce serait se priver d'une chance d'amélioration. De plus, ce temps d'attente est providentiel, car c'est une période de deuil pour le brûlé qui doit apprendre à vivre avec sa nouvelle image et à accepter le regard des autres. Parfois, plusieurs temps opératoires sont nécessaires, espacés par des périodes de rééducation. La hiérarchie des interventions doit être planifiée dans le temps en accord avec le patient. Il convient d'établir avec lui un schéma clair et cohérent de l'ensemble de la prise en charge, afin qu'il comprenne les objectifs à atteindre, les contraintes et le temps nécessaire à leur réalisation. Une demande exprimée par le patient doit toujours être prise en compte, même si elle semble mineure par rapport aux autres séquelles. Les rétractions du cou et les défauts d'ouverture buccale (microstomies) doivent être corrigés en priorité, en raison de la gêne qu'elles occasionnent pour les anesthésies. Les lésions des mains sont également prioritaires.

* Chirurgie des séquelles fonctionnelles des brûlures
* Chirurgie des séquelles esthétiques des brûlures

QUEL EST LE TRAITEMENT CHIRURGICAL DES SEQUELLES FONCTIONNELLES DES BRULURES ?
Malgré les massages et la kinésithérapie, les cicatrices peuvent développer des brides rétractiles entraînant une gêne fonctionnelle. On peut dans de tels cas recourir à un traitement chirurgical. Ce traitement a pour but d'ouvrir transversalement les tissus cicatriciels rétractés pour faire apparaître la perte de substance, et de couvrir celle-ci soit par une greffe de peau soit par un lambeau.

* La greffe de peau

La greffe de peau est le procédé chirurgical le plus simple. Elle est employée lorsque la peau saine à proximité de la rétraction ne permet pas la confection d'un lambeau et lorsque la perte de substance cutanée constitue un sous-sol bien vascularisé, permettant une bonne prise de la greffe (graisse sous-cutanée, muscle...). Idéalement, il s'agit d'une greffe de peau totale. Dans ce cas, le prélèvement emporte toute l'épaisseur de la peau (épiderme et derme ). Ce prélèvement est effectué à un autre endroit du corps, et il est coupé de sa vascularisation. Il va, une fois fixé sur la zone non cicatrisée, adhéré au sous-sol, se revasculariser et combler ainsi la perte de substance. La greffe de peau offre l'avantage d'être simple et efficace lorsque la prise de greffe est complète. Elle peut néanmoins être le siège d'une rétraction ultérieure.

* Le lambeau

Le lambeau est un transfert de peau qui à l'inverse d'une greffe de peau, conserve sa propre vascularisation. Il permet une couverture de meilleure qualité que la greffe de peau, car il apporte une bonne épaisseur cutanée et ne se rétracte pas. Il est notamment utilisé lorsque la libération de la bride met à nu des éléments nobles (nerfs, vaisseaux..) qui ne peuvent prendre en charge une greffe de peau.

* Les lambeaux locaux

Les lambeaux locaux viennent du voisinage et sont employés lorsque la peau saine entourant la bride peut être utilisée. Ils permettent de supprimer la bride en intercalant de la peau saine au sein de la cicatrice. Les plasties en Z, en IC et en trident sont les plus communément employées. La plastie en Z, par exemple, est utilisée en cas de brides linéaires. Elle consiste en deux lambeaux de peau triangulaires découpés des deux côtés de la rétraction qui sont ensuite intervertis. Ainsi, la quantité supplémentaire de tissus de part et d'autre de la bride est utilisée pour allonger la cicatrice. Photo plastie en Z.

* Les lambeaux libres

Les lambeaux libres prélevés à distance avec micro-anastomoses vasculaires sont utilisés lorsque les autres techniques se révèlent impossibles. Ils sont prélevés à distance et permettent une couverture de n'importe quelle région du corps. Leur réalisation est toutefois plus délicate.

QUEL EST LE TRAITEMENT CHIRUGICAL DES SEQUELLES ESTHETIQUES DES BRULURES ?

* L'expansion cutanée

La chirurgie réparatrice des séquelles de brûlures consiste essentiellement à remplacer la peau brûlée cicatricielle par de la peau saine. Elle trouve ses limites dans la quantité de peau saine disponible. Grâce à l'expansion cutanée, il est possible d'augmenter ces réserves. Elle repose sur la faculté que possède la peau d'augmenter sa superficie lorsqu'elle est soumise à une augmentation de volume sous-jacente la grossesse en est un parfait exemple. Cette méthode, développée en France par le Pr Baux dans les années 80, est actuellement couramment utilisée par les chirurgiens de la brûlure. Un ballon de silicone est glissé sous la peau saine avoisinant la zone cicatricielle. Il est gonflé toutes les semaines avec du sérum physiologique grâce à une valve placée à distance. La peau saine sous-jacente se distend progressivement. En fin d'expansion, dont la durée varie selon les cas (en moyenne 6 à 10 semaines), la prothèse est retirée. La peau brûlée cicatricielle est retirée pour être remplacée par la peau saine expansée. Cette méthode a l'avantage d'apporter un tissu semblable à celui que l'on désire reconstruire. Elle donne, dans la correction des séquelles esthétiques, d'excellents résultats.

* La greffe de peau totale

La greffe de peau totale donne de bons résultats esthétiques sous réserve d'une réalisation minutieuse. Idéalement, la greffe doit être prélevée à proximité de la zone à corriger pour que son épaisseur, sa texture et sa couleur soit le plus proche possible du tissu d'origine. Elle s'avère intéressante et donne de bons résultats esthétiques pour de petites surfaces, par exemple au niveau du visage et des mains. Elle ne permet pas de gommer une cicatrice, mais greffée en respectant une " unité esthétique ", elle remplace une zone cicatricielle inhomogène en la transformant en zone homogène plus discrète.

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